Ann Clarke

1 Oct 2007

Ann ClarkeNe vous y trompez pas! Sa petite taille cache une forte personnalité qui fait d’Ann Clarke une force motrice de la Clinique du lupus de l’Hôpital général de Montréal. L’immunologiste-épidémiologiste qui nous vient de Terre-Neuve codirige la clinique — d’une capacité de 500 patients — la plus grande de ce type au Québec, la seconde en importance au Canada, et un puissant laboratoire mondialement reconnu dans la recherche sur le lupus.

Dre Clarke dit que c’est la complexité de cette maladie qui l’a attirée dans les années 1980 lorsqu’elle n’était encore que résidente en médecine interne et plus tard, boursière dans la spécialité d'Immunologie aux allergies à l’Université McGill et à l’Hôpital général de Montréal. Le lupus, un trouble immunologique chronique qui atteint entre 15 000 et 50 000 Canadiens, est également appelé la maladie aux mille visages, car ses symptômes varient énormément d’un patient à l’autre, ainsi que tout au long de la maladie.

Comme l’explique Dre Clarke, « d’un point de vue clinique, le lupus offre tout un défi, car plusieurs systèmes de l’organisme peuvent y être impliqués et qu’on ne peut pas en prédire les symptômes ». Et elle ajoute, « du point de vue du patient, cette maladie peut causer un stress énorme, car on ne sait jamais quand elle va empirer et comment la qualité de vie en sera affectée. »

Après avoir étudié la maladie du point de vue de la médecine au cours de sa spécialisation en immunologie à McGill, Dre Clarke décide de s’y attaquer sous un autre angle. En 1993, alors qu’elle poursuit une maitrise en recherche sur les politiques de santé à l’Université Stanford, elle écrit une thèse qui examine les coûts économiques et sociaux du traitement de cette maladie.

Plus tard cette même année, Dre Clarke retourne à Montréal, une ville qu’elle aime, pour se joindre à l’équipe de la Clinique du lupus de l’Hôpital général de Montréal à titre de médecin adjointe, et concentre alors son énergie sur le traitement de la maladie sur deux fronts, la recherche et l’application clinique. Depuis, elle a continuellement poussé pour améliorer l’efficacité de la Clinique, et ses efforts lui ont valu la nomination en 1997 au poste de codirectrice.

Ses recherches se poursuivent à ce jour, et son intérêt est toujours aussi grand à trouver les facteurs environnementaux et génétiques qui prédisposent à développer cette maladie. D’autres spécialistes du CUSM pourraient se joindre aux recherches qui visent à en déterminer les facteurs. D'ailleurs, cette collaboration sera grandement facilitée par la centralisation des ressources du CUSM. « Nous sommes fiers de notre approche multidisciplinaire et de l’expertise que nous avons accumulée » dit Dre Clarke. « En résumé, chaque réponse ferme que nous donnons à nos patients leur donne un certain soulagement, car l’anxiété perpétuelle qu’ils connaissent fait partie intégrante de la vie avec la maladie du lupus. »

La recherche d’Ann Clarke en un coup d’œil

Le but de la recherche
Je poursuivrai mes travaux de recherche évaluative sur les maladies rhumatismales auto-immunes, en me concentrant principalement sur les femmes atteintes de lupus érythémateux disséminé (LED) et sur les enfants souffrant d’arthrite inflammatoire. J’orienterai aussi mon expertise méthodologique et clinique vers l’atopie chez les enfants, et spécifiquement vers les allergies alimentaires.

Mots clés
Recherche sur les services de santé, qualité de vie, délivrance des soins, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, allergie alimentaire.

Choix de publications
Kagan RS, Joseph L, Dufresne C, Gray-Donald K, Turnbull E, St-Pierre Y, Clarke AE. Prevalence of peanut allergy in primary school children in Montreal, Canada. Journal of Allergy and Clinical Immunology 2003;112:1223-1228.

Clarke AE, Petri MA, Manzi S, Isenberg DA, Gordon C, Senécal J-L, Goulet JR, Choquette D, Sutcliffe N, Grodzicky T, Fortin PR, Joseph L, Penrod J, Danoff DS, Ho V, Esdaile JM. An international perspective on the well-being and health care costs for patients with systemic lupus erythematosus. Journal of Rheumatology 1999;26:1500-1511.