Une nouvelle direction pour la recherche
Le professeur Vassilios Papadopoulos, chercheur de renommée internationale, sait reconnaître une bonne occasion lorsqu’elle se présente. C’est précisément ce qui est arrivé il y a plus de 30 ans quand il décidé de trouver la réponse à une question scientifique délaissée qui lui ouvrirait la voie vers une carrière remplie de découvertes. Il a aussi vu les avantages de quitter sa Grèce natale pour faire des études supérieures en France, puis en Nouvelle-Zélande et ensuite d’accepter un poste universitaire dans la lointaine ville de Washington (DC). Il a passé près de 20 ans dans la capitale américaine où il a grimpé les échelons au Georgetown University Medical Centre pour devenir directeur du département de biochimie et vice-président adjoint de la recherche.
Aujourd’hui, son instinct remarquable pour les possibilités prometteuses l’a mené au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où il occupe le poste de directeur scientifique de l’Institut de recherche du CUSM (IR du CUSM). « À Georgetown, j’avais le sentiment d’avoir atteint tous mes objectifs, alors je cherchais quelque chose de nouveau, dit-il. Le CUSM offrait tout ce que je voulais : des scientifiques de talent, une réputation internationale, une ville dotée de deux grandes écoles de médecine et un secteur biotechnologique très dynamique. De plus, grâce à son projet de redéploiement, il me donnait la chance de participer au plus important renouvellement d’une infrastructure médicale au pays. Vraiment, le choix n’était pas difficile. »
Le professeur Papadopoulos remplace Emil Skamene, qui, en 1999, a créé l’IR du CUSM pour en faire une entité administrative régissant les quelque 500 chercheurs du CUSM. L’institut se concentre sur 11 axes de recherche : cancer; maladies cardiovasculaires et soins intensifs; endocrinologie, diabète, nutrition et maladies rénales; recherche évaluative en santé; reproduction humaine et développement; infection et immunité; génétique médicale et génomique; maladies mentales et toxicomanie; troubles musculosquelettiques; neurosciences; santé respiratoire. L’IR du CUSM est conçu de manière à encourager un continuum intégré entre la science fondamentale et la recherche clinique et à donner aux chercheurs, de la pédiatrie à la gériatrie, ainsi qu’aux divers départements, disciplines et établissements la chance de collaborer ensemble pour résoudre les grands problèmes scientifiques.
« Le professeur Skamene a fait le travail difficile bien avant mon arrivée, dit Vassilios Papadopoulos en souriant. Il a supervisé le processus de fusion et jeté les bases de tout ce dont l’IR du CUSM aura besoin pour faire partie des grandes institutions de recherche du monde. » Pour le professeur Papadopoulos, la réussite de la fusion indique que les méthodes de travail des scientifiques du CUSM sont bonnes. « Je sais par expérience que ces types de fusions administratives peuvent être difficiles pour tout le monde. C’est un témoignage au leadership du Dr Skamene ainsi qu’aux précieuses collaborations entretenues alors que le CUSM effectuait une transition en douceur, dit-il, sans oublier la contribution de Dr Phil Shuster, qui a tenu le rôle de directeur scientifique par intérim entre le départ de Dr Skamene et la nomination de Dr Papadopoulos. Des dirigeants inspirés et des employés compétents travaillant ensemble, voilà ce qui crée une grande science, et j’ai vu immédiatement que c’est ce qui existe au CUSM. »
Ce mélange d’initiative individuelle et de collaboration créative fait partie de la carrière du professeur Papadopoulos depuis qu’il était étudiant au doctorat à l’Institut Marie Curie où il est allé après avoir obtenu son diplôme en pharmacie. C’est là qu’il a commencé à remettre en question la façon dont le cholestérol se déplace entre les membranes des cellules, une orientation qui, il se souvient, a surpris ses collègues et ses conseillers. « À ce moment-là, personne ne voyait le potentiel de résoudre ce problème, qui paraissait trop élémentaire pour donner des résultats intéressants. Mais j’avais l’intuition qu’il y avait quelque chose à découvrir, alors j’ai persévéré. Il se trouve, comme nous le comprenons maintenant, que de nombreuses activités biologiques, comme la production de stéroïdes qui affectent les fonctions cérébrales ou la façon dont les cellules cancéreuses prolifèrent, sont réglementées d’une façon ou d’une autre par le mouvement du cholestérol. Ça fait partie de l’économie de la nature qui touche même la biologie végétale. »
Pendant plus de 25 ans, tandis que sa recherche évoluait, le professeur Papadopoulos a collaboré avec ses collègues de différentes spécialités, dont la biologie moléculaire, la génétique, l’oncologie, la neurologie et l’endocrinologie. Il a aussi a œuvré dans tous les aspects de la science, du laboratoire au chevet des patients. Sa recherche a été acclamée partout dans le monde et il a reçu de nombreux prix et subventions. Il a aussi écrit des milliers d’articles pour les journaux scientifiques.
Avec une telle réputation, il ne faisait aucun doute que le professeur Papadopoulos poursuivrait ses propres travaux tout en s’acquittant de ses responsabilités administratives comme directeur scientifique de l’IR du CUSM. De fait, selon lui, les deux sphères d’activité vont de pair. « J’ai appris que pour administrer avec succès un établissement de recherche, il faut être un scientifique. Il faut parler le même langage que les chercheurs, connaître leur façon de penser et comprendre leurs priorités au sein de l’institution. Le fait que je vais travailler en laboratoire et tisser des relations avec d’autres scientifiques autour du monde ne pourra que m’aider à mieux défendre les intérêts du personnel de l’Institut. Cela jouera aussi un rôle important pour former mon opinion sur l’orientation que devrait avoir le CUSM. »
Non seulement avons-nous des gens formidables qui travaillent sur presque tous les types de maladies, mais l’IR du CUSM est un des rare endroits dans le monde où les chercheurs peuvent suivre une personne de l'enfance à l’âge adulte. Et nous construisons l'un des nouveaux centres les plus formidables et ambitieux en Amérique du Nord.
Cette orientation, selon le professeur Papadopoulos, comprend la poursuite du processus institué par le professeur Skamene pour donner au CUSM une solide réputation internationale en recherche au sein du système de l’Université McGill. « La recherche sur les soins de santé aux plus hauts niveaux comporte une synergie entre une université supérieure, un centre hospitalier dynamique et les chercheurs cliniques qui y pratiquent, » explique-t-il, comparant l’Université McGill, le CUSM et l’IR du CUSM aux trois côtés d’un triangle équilatéral. « Dans ce trium-virat, les chercheurs cliniques de l’Institut jouent un rôle unique et intégral. À l’IR du CUSM, nous sommes sur la ligne de front de la défense contre les maladies. Nous ne découvrons pas des mécanismes scientifiques pour ensuite chercher une application médicale, nous commençons avec les problèmes réels des patients, avec les maladies que nous traitons chaque jour. C’est ça que les chercheurs hospitaliers font merveilleusement bien, et nous devons collaborer avec nos partenaires de l’Université McGill pour promouvoir ce travail tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’institution. »
Le professeur Papadopoulos reconnaît qu’étant donné le jeune âge de l’IR du CUSM, forger une identité individuelle marquée est un procédé graduel. Il maintient que si l’IR du CUSM prend un rôle prépondérant dans la création de programmes novateurs, dans la construction d’installations de recherche bien pourvues et encourageant des projets d’équipe qui profitent au maximum de son expertise diversifiée, la réputation de l’Institut se consolidera. « Les chercheurs ne passent pas beaucoup de temps à penser à la communication de leur travail. Nous sommes un groupe modeste, dit le professeur Papadopoulos. Si nous donnons l’exemple et que nous prenons l’habitude d’informer nos collègues de toutes les choses passionnantes que nous faisons, nous dirons au monde que l’IR du CUSM est un participant important. »
Le deuxième pilier de la vision du professeur Papadopoulos est la mise à profit des possibilités découlant du projet de redéploiement du CUSM, qui créera un environnement physique de recherche reflétant la structure administrative avant-gardiste déjà en place. « Aux nouveaux campus Glen et de la Montagne, les chercheurs du CUSM travailleront dans un environnement plus intégré que jamais auparavant. Les laboratoires scientifiques et les locaux pour les expériences sur les animaux seront à proximité de l’environnement clinique, permettant aux chercheurs et aux médecins de travailler côte à côte sur des projets concertés. Une de nos forces uniques est notre mandat pédiatrie-gériatrie. Au campus Glen, les chercheurs étudiant les maladies dans tous les groupes d’âge seront à quelques pas seulement les uns des autres et pourront communiquer facilement avec leurs collègues au campus de la Montagne. »
Le professeur Papadopoulos parle aussi avec enthousiasme du Centre de médecine innovatrice (CMI), qui jouera un rôle majeur au campus Glen et qui donnera au CUSM une plus grande capacité d’effectuer le type d’essais cliniques menant vers des découvertes prometteuses et, éventuellement, de nouveaux traitements. « Le CMI est comme un hôpital dans un hôpital conçu juste pour les essais cliniques, explique-t-il. Plutôt que d’essayer d’inclure ces essais dans nos structures cliniques existantes, nous pourrons choisir les patients qui sont les candidats idéals et les traiter au CMI, comme patients hospitalisés ou externes. Les chercheurs, le personnel infirmier, les administrateurs des tests et les techniciens pourront travailler ensemble et avec les patients sans taxer les locaux ou l’équipement dans les principaux services de l’hôpital. » Grâce à cette capacité élargie, l’IR du CUSM fera plus d’essais cliniques de ses découvertes à l’interne et bénéficiera de la reconnaissance scientifique qui vient du fait de rapprocher les découvertes révolutionnaires du marché.
Tandis que le professeur Papadopoulos attend avec optimisme la fin du redéploiement avec ses collègues, il veut s’assurer que les chercheurs talentueux du CUSM ont tout ce qu’il leur faut pour bien faire leur travail pendant la période de transition. « Je rencontre actuellement les gens de l’Institut et du CUSM pour élaborer un plan stratégique afin d’œuvrer de concert avec l’hôpital en vue du redéploiement. Le recrutement sera un élément extrêmement important : attirer et garder les meilleurs chercheurs au monde dans des domaines émergents, comme la médecine régénérative, et nous assurer que les priorités d’embauche s’harmonisent avec les besoins cliniques de l’hôpital. » Le professeur Papadopoulos tient à mentionner l’excellence de ses relations avec le directeur général du CUSM, le docteur Arthur Porter, et avec le doyen de la faculté de médecine de l’Université McGill, le docteur Richard Levin, avec qui il collabore étroitement pour prendre ces décisions capitales.
Comme la réputation internationale du professeur Papadopoulos en fait preuve, les grands chercheurs savent comment prendre une idée initiale formidable, la développer avec patience et méthode, trouver les bonnes personnes pour compléter leurs forces et livrer cette idée au monde au moment où elle offrira le plus de bénéfice possible. C’est ce que l’Institut de recherche permet aux chercheurs du CUSM de faire aujourd’hui, et c’est ce que le redéploiement leur permettra de faire encore mieux à l’avenir. C’est aussi ce que le professeur Papadopoulos a l’intention de faire avec l’ensemble de l’IR du CUSM pendant son mandat. « Non seulement avons-nous des gens formidables qui travaillent sur presque tous les types de maladies, mais l’IR du CUSM est un des rares endroits dans le monde où les chercheurs peuvent suivre une personne de l’enfance à l’âge adulte. Et nous construisons l’un des nouveaux centres les plus formidables et ambitieux en Amérique du Nord. » Le professeur Papadopoulos sourit en disant : « Pas besoin d’un doctorat pour voir les avantages de ça. »





