Maîtriser le changement dans la prestation des soins de santé
Réjean Plante est directeur général de l'Hôpital de réadaptation Lindsay.
Réjean Plante appuie la vision guidant la création du projet du Glen du Centre universitaire de santé McGill parce qu'elle répond aux besoins de l'un des meilleurs hôpitaux universitaires tout en lui offrant des avantages.
Surtout, M. Plante est convaincu que le CUSM procède selon une méthode et un calendrier des plus appropriés pour mettre ce gigantesque projet en œuvre tout en plaçant les besoins des patients au centre de toutes les décisions.
« Au cours des sept dernières années, les soins médicaux dans notre ville ont connu des changements dramatiques. La fusion des hôpitaux du CUSM était une réaction appropriée à la réorientation de la prestation des soins de santé. Je pense qu'il est extrêmement sage de sa part d'avoir passé autant de temps à consulter son personnel interne pour la planification du projet. Lorsque tout le personnel sera réuni au Glen, il aura déjà surmonté les difficultés causées par la coordination des services et le regroupement du personnel.
L'Hôpital de réadaptation Lindsay (HRL) a participé directement à cette collaboration. Il y a environ cinq ans, un groupe de travail sur les critères d'admission réunissant des représentants des deux institutions a été formé. Ce comité a créé un formulaire d'évaluation pour les patients en orthopédie qui étaient transférés du pavillon Hôpital général de Montréal du CUSM à l'HRL. Tous les intervenants ayant participé au processus—personnel infirmier, patients, physiothérapeutes et ergothérapeutes—ont commencé à se servir des critères communs d'admission et d'évaluation. Par conséquent, tout le monde connaît exactement les capacités du patient au moment de son transfert et ce qu'il devra être accompli une fois rendu à l'HRL. Les patients n'ont plus à souffrir de retards, de reculs ou d'interruptions dans leur traitement lorsqu'ils passent d'une équipe à une autre.
Au Glen, la collaboration se poursuivra et la situation des patients sera davantage améliorée. « Nos patients seront heureux de passer tous leurs examens à un seul endroit, explique M. Plante. Aussi, ceux qui se déplacent seuls apprécieront sûrement le stationnement amélioré et la proximité du transport en commun. Il va sans dire que ceux qui se servent de béquilles ou qui sont en chaise roulante profiteront d'un hôpital moderne qui répondra à leurs besoins de manière plus appropriée. » L'établissement du Glen incorporera des trottoirs roulants, des aires accessibles aux personnes handicapées et des ascenseurs réservés aux patients.
La relation entre l'HRL et le CUSM a commencé il y a de nombreuses années. Dans le milieu des années 90, sept hôpitaux ont fermé à Montréal et la ville a accepté que les services médicaux pour les conditions moins aiguës soient offerts par un réseau de 29 CLSC ainsi que par des centres de réadaptation et de convalescence. Comme directeur général de l'Hôpital Reddy Memorial de 1982 à 1997, M. Plante a vécu la fermeture de cet hôpital. « En principe, je comprends la pression du gouvernement depuis les vingt dernières années pour consolider les établissements pour patients ambulatoires et externes afin de réduire la charge financière des hôpitaux de soins de courte durée très coûteux. Mais, ce fut un processus douloureux et rapide qui n'a pas toujours été facile à comprendre; le CUSM a donc raison de se réorienter—et de nous réorienter aussi—d'une manière mesurée. »
Au cours des 20 derniers mois, plus de 1 000 personnes associées au CUSM se sont réunies dans différents groupes pour discuter de la fonctionnalité du nouvel hôpital. Le résultat est un programme qui tient compte de l'environnement physique du nouvel établissement ainsi que de ce qui doit être mis en place dans l'ensemble du réseau de la santé afin de s'adapter à un moyen plus moderne, exhaustif et responsable de prodiguer des soins.
Il y a quelques années, le budget de l'HRL (ainsi que celui d'autres hôpitaux de réadaptation sur l'île de Montréal) a été réduit de 20 pour cent. « Comme administrateur du secteur de la santé au Québec, déclare M. Plante, il était frustrant de vivre des compressions générales alors que nous fonctionnions déjà d'une manière équitable sur le plan financier. Avant cette expérience, lorsque les intervenants de la santé de la ville se rencontraient en groupe, ils avaient tendance à regarder leur propre situation; par la suite, ils ont commencé à partager l'information et à trouver des solutions ensemble. »
L'an dernier, l'HRL a admis 1 200 adultes. Plutôt que 203 lits, il en compte maintenant 155 et la durée d'un séjour typique est d'environ 31 jours. Une planification sérieuse doit être entreprise afin de s'assurer que cette situation n'a pas nui à un patient. Le but était de mettre toutes les ressources en jeu pour faire passer plus efficacement le patient de l'hospitalisation, à la réadaptation, à la réintégration.
« Nous avons mis le patient au centre de toutes les prises de décisions en demandant "Qu'est-ce qui est mieux pour lui/elle ?" affirme M. Plante. Nos réponses viennent souvent de notre personnel de première ligne. C'est lui, par exemple, qui a suggéré que les patients devraient faire leurs exercices dans une salle à leur propre étage plutôt qu'à un étage inférieur. Maintenant, les patients n'ont pas à se déplacer aussi loin et les professionnels dans les unités sont plus près de l'action, ce qui leur permet de voir quelles activités sont prescrites par le physiothérapeute et l'ergothérapeute. »
Sachant que le CUSM a entrepris une phase de planification similaire (quoique plus élaborée, plus complète et bien avant la conception et la construction), M. Plante ne craint pas les résultats éventuels, qui ne peuvent que présenter des avantages pour la collectivité.
« J'ai récemment fait un saut en parachute en tandem [relié à un instructeur] à partir d'un avion qui volait à 3 900 mètres, a-t-il dit. Il y a eu une planification préalable, mais la première minute du saut était en chute libre jusqu'à 1 400 mètres... quelle décharge d'adrénaline. Ensuite, le parachute s'est ouvert et j'ai flotté doucement jusqu'au sol. Le CUSM se prépare aussi de manière exhaustive à atterrir en douceur... afin que nous puissions tous profiter de l'expérience. »
Article publié par la Fondation CUSM dans The Gazette
