Un aperçu des soins de santé à Montréal

Marcel Villeneuve, directeur général de la Régie régionale
28 Oct 2001

Au cours de la dernière année, j'ai lu des articles dans ce journal qui ont traité de différents aspects de la vision, de la planification et de la construction du futur établissement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) au Glen. J'aimerais revoir certains des arguments les plus probants en faveur de cette énorme entreprise qui, à mon avis, ne peut qu'avantager les patients, leurs familles et les travailleurs de la santé qui les appuient.

À la Régie, nous avons suivi attentivement le développement du CUSM (ainsi que celui du CHUM) et sommes emballés par les avantages que ces deux projets procureront au système de santé de Montréal. Comme directeur général de la Régie régionale de la santé et des services sociaux, je participe aux décisions sur l'allocation et le suivi des fonds publics dans le but d'organiser le système de santé public au Québec.

La Régie appuie le CUSM depuis le début du projet, tant par des interventions vocales que fiscales, et ce, pour nombre de raisons. Premièrement, l'obsolescence des immeubles actuels rend impératif le renouvellement des infrastructures existantes; il faut de plus en plus d'argent pour simplement garder les immeubles en bon état de service. Argent qui, au moment opportun, pourrait être alloué à d'autres membres du réseau de la santé.

Dans le cas de chacun des projets hospitaliers, il nous apparaît évident qu'une nouvelle construction est préférable à des rénovations provisoires. Chaque année, les demandes de la médecine moderne exigent des technologies et un environnement de plus en plus avancés et, comme ces besoins sont extrêmement difficiles à superposer sur des structures vieillissantes, il est beaucoup plus facile d'en créer de toutes nouvelles. Nous sommes heureux de voir que le CUSM a pris les devants dans la construction d'un immeuble doté de toutes les caractéristiques nécessaires pour appuyer la guérison au XXIe siècle, qu'il s'agisse de l'équipement ou des configurations les plus récentes ou de l'utilisation appropriée de la lumière naturelle et des aires ouvertes.

Le concept d'un établissement unique est très intéressant à deux points de vue : les soins aux patients et la responsabilité fiscale. En ce qui concerne le patient, la concentration des programmes et des services dans un seul endroit éliminera les déplacements d'un point à un autre pour consulter des spécialistes ou obtenir des traitements. Un autre avantage que procure un centre unique est la concentration de l'expertise, qui est la base de toute institution de classe internationale. Le fait d'être réunis sous un même toit améliorera la synergie intellectuelle des professionnels parce qu'ils auront l'occasion de travailler côte à côte, d'échanger des idées et de collaborer plus facilement.

D'une perspective encore plus large, le CUSM s'intégrera à un réseau de services de « soins pour toute la durée de vie » qui sont offerts aux Montréalais. En collaboration avec d'autres universités et hôpitaux généraux, avec des CLSC et des centres de réadaptation et de convalescence, le CUSM et le CHUM deviendront des liens dans un système de santé de grande envergure.

Le but fondamental de ce projet est simple : offrir des services aux patients de tous les âges. L'expression « guichet unique » a déjà été utilisée et est appropriée pour décrire la prestation de services de santé qui couvrent les besoins d'une personne durant toute sa vie. Le défi que doit relever chaque élément du réseau est de bien travailler ensemble pour le bien du patient.

Financièrement, la Régie appuie l'élimination des coûts multiples d'entretien, de sécurité et de transport qui existent actuellement. Les épargnes fiscales générées par cette amélioration de l'efficacité peuvent très bien servir d'autres éléments du système.

Cette semaine, on a annoncé qu'un projet coopératif appelé le Réseau d'information sur la santé communautaire (RISC) a obtenu le Prix d'excellence informatique-santé de l'AHQ. Le RISC est une infrastructure de communication qui permettra aux hôpitaux, aux CLSC et aux cliniques médicales privées dans la collectivité d'avoir un accès confidentiel au système informatique de l'hôpital pour obtenir, par exemple, les résultats d'un rapport de pathologie ou d'une analyse de laboratoire. C'est un exemple de la façon dont différents professionnels de la ville peuvent se pencher sur le cas d'un patient, en partageant de l'information courante et commune de manière confidentielle et responsable. Nous félicitons tous les intervenants.

Entre-temps, notre rôle à la Régie est de nous assurer que les conditions sont en place pour que ce type de réseautage à l'échelle de l'île se répande encore davantage. Nous serons là pour encourager un échange continu d'énergie entre les institutions universitaires. Nous serons là pour nous assurer que les conditions financières requises seront rassemblées pour assurer la viabilité des nouveaux hôpitaux. Nous serons là pour superviser l'établissement de lits de soins de longue durée. Et nous serons là pour nous assurer que la réutilisation des immeubles vides sera accomplie de manière responsable et appropriée.

Ensemble, tous les éléments du système de santé à Montréal s'efforceront d'offrir la meilleure couverture médicale aux citoyens leur vie durant. Nous sommes enchantés à la perspective de le faire avec le CUSM.

Article publié par la Fondation CUSM dans The Gazette