La famille Rogers
Tom, Terry et John Rogers partagent plus que des gênes : ces trois frères natifs de Montréal tiennent aussi de la famille l’esprit d’équipe et un penchant pour la philanthropie. Une fois leur diplôme de l’Université McGill en main, ils décident de fonder ensemble en 1998 le Prix de l’excellence athlétique de la famille Rogers (Rogers Family Student Athletic Awards), une bourse pour les étudiants de premier cycle de McGill doués pour les études et passionnés de football. Toujours en parfaite harmonie de coeur et d’esprit, les frères Rogers soutiennent également la recherche sur le diabète, maladie qui a causé le décès de leur soeur Sheila alors âgée de 39 ans seulement.
Les frères vivent aujourd’hui dans des villes séparées, néanmoins ils se souviennent de leur soeur avec beaucoup de tendresse. Sheila n’avait que huit ans lorsqu’est tombé le diagnostic de diabète insulinodépendant, mais la maladie l’a à peine ralentie. Enfant très ac-tive, elle s’est vite adaptée à son insuline et à sa diète, et on ne l’a jamais entendu se plaindre de sa maladie. Comme ses frères, elle a fait ses études à McGill. Elle y est retournée plus tard pour préparer sa maîtrise en bibliothéconomie, après quoi elle est devenue li-braire dans ce qui est maintenant la bibliothèque des sciences de la vie. Comédienne amateure, grande voyageuse et personnalité de la radio, Sheila est restée près de ses frères jusqu’à sa mort survenue le 14 août 1970.
Trente-sept ans plus tard, lorsque John Rogers a reçu son numéro de décembre de Perspectives santé, l’article sur la recherche révolu-tionnaire du Dr Lawrence Rosenberg portant sur le diabète, financée en partie par un généreux don de John et de Pattie Cleghorn, a attiré son attention. « Nous avons toujours soutenu McGill, explique M. Rogers mais, en lisant cet article, j’ai senti que nous devrions appuyer le travail qui est accompli pour cette cause qui nous tient tant à coeur. » En souvenir de Sheila, ses frères ont créé le Fonds commémoratif Sheila Margaret Rogers pour la recherche sur le diabète au Centre universitaire de santé McGill dans l’espoir que les générations futures ne connaîtront pas les effets débilitants de la maladie. Leur don de 125 000 $ sera alloué au travail du Dr Rosenberg sur la protéine synthétique qui régénère les cellules des îlots pancréatiques chez les diabétiques et qui pourrait poten-tiellement mener à l’élimination des injections d’insuline.
Avec le début des essais cliniques prévu cet automne, le don des frères Rogers ne pouvait arriver plus à point. « Je savais, dit Tom, que c’était une façon idéale de se rappeler la grande force de Sheila et d’honorer sa vie. Faire ce don s’est avéré un acte empreint d’une grande cohésion pour nous trois, car ce n’était pas une question d’argent, mais de souvenir. » Tenter d’imaginer la réaction de Sheila au don de ses frères fait naître un sourire sur les lèvres de Terry qui conclut : « Elle serait en quelque sorte embarrassée, mais très reconnaissante. Je pense qu’elle serait bouleversée. »





