Des soins centralisés

Numéro: 
1
Volume: 
9
01/10/2008
La Clinique du sein des Cèdres

À leur première visite à la Clinique du sein des Cèdres du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), les patientes sont souvent surprises par ce qui les entoure. Ça ne ressemble pas à une salle d’hôpital typique inondée de lumière vive blafarde, d’annonces étourdissantes par intercom et de corridors encombrés. Située à l’Hôpital Royal Victoria, c’est une mer de calme et un centre de guérison, un phare d’espoir centralisé pour les femmes atteintes du cancer du sein.

Le Dr Sarkis Meterissian, président de la Société canadienne d’oncologie chirurgicale et directeur de la Clinique du sein des Cèdres, se sent tout à fait dans son élément ici. Né au Caire, il est arrivé à Montréal dans son enfance et a choisi de demeurer dans la métropole pour faire ses études de médecine à l’Université McGill. Il a décroché son diplôme en 1985 et a complété sa formation chirurgicale en résidence cinq ans plus tard. Après plusieurs années consacrées à la recherche et au perfectionnement aux États-Unis, le Dr Meterission est revenu au CUSM, où il a été nommé directeur du programme d’oncologie chirurgicale puis de chirurgie générale. Directeur de la Clinique du sein des Cèdres depuis 2006, le Dr Meterissian apprécie grandement toute personne qui en franchit les portes, que ce soit des membres du personnel ou des patientes.

Dr. Meterissian

« En moyenne, nous voyons 20 000 patientes par année et effectuons 80 mammographies par jour », dit le Dr Meterissian, apparemment indifférent à ces statistiques impressionnantes. L’ouverture de la Clinique du sein des Cèdres en 2002 a regroupé le personnel expérimenté de l’Hôpital Royal Victoria et de l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Nous devons la réalisation de ce projet aux généreux dons des fondations de ces hôpitaux et au financement de l’Institut des Cèdres contre le cancer du CUSM. Circulant dans l’établissement aujourd’hui, le Dr Meterissian salue patientes et collègues, fait admirer un bouquet de fleurs, don hebdomadaire d’une ancienne patiente reconnaissante de son collègue, le Dr David Fleiszer (ancien co-directeur de la Clinique), et montre un tableau, don de la Fondation de l’art pour la guérison, tout en expliquant la force agissante de la Clinique. « Notre objectif, dit-il, est d’offrir aux femmes de tous âges et de tous horizons des soins et du soutien pleinement intégrés et centralisés au même endroit pendant l’une des périodes les plus difficiles de leur vie. Ici, nous soignons toute la gamme des maladies du sein – nous sommes en première ligne pour la gestion du cancer du sein. »

La Clinique fait partie intégrante de la section du cancer du sein du CUSM, qui a obtenu récemment une accréditation de niveau 4 pour le Programme québécois de lutte contre le cancer. Cette classification sert à distinguer les centres du cancer pour les soins de qualité ayant été mesurés par les résultats améliorés des patients, les soins intégrés et les services polyvalents, y compris les services de prévention, de détection précoce, de diagnostic, de traitement et de soutien du cancer. Il est doté de la technologie de pointe et regroupe des personnes au talent exceptionnel – neuf chirurgiens, cinq radiologistes, six techniciens, trois infirmières, deux réceptionnistes, une assistante administrative et un psychologue. Un physiothérapeute doit aussi se joindre à l’équipe au début de l’automne.

Grâce à ce groupe multidisciplinaire, les patientes reçoivent toute la gamme de soins, de la prévention au traitement jusqu’à la réhabilitation. L’étroite collaboration du Dr Meterissian avec le Dr Benoit Mazerolle, directeur de l’imagerie du sein, est un aspect important de la philosophie « services centralisés », en rapprochant davantage la radiologie et le traitement. L’équipe de la Clinique du sein des Cèdres fournit aussi divers programmes spéciaux, dont l’enseignement aux patientes, l’extension des services à la communauté, la formation médicale pour étudiants et internes, ainsi que la formation médicale continue en techniques avancées. La Clinique se vante d’être l’installation la plus moderne qui inclut trois mammographes, deux appareils à ultrasons, une salle de biopsie, une salle de chirurgie stéréotaxique (informatisée 3-D), une liste de ressources bibliographiques pour les patientes, une salle de conférence de haute technologie, cinq salles d’examen et deux cabinets de consultation. Une nouvelle suite de mammographie numérique sera bientôt ajoutée. « La configuration des lieux nous permet de travailler plus efficacement ensemble pour la réalisation de notre objectif d’offrir aux femmes qui passent par la Clinique les meilleurs soins possibles », dit le Dr Meterissian.

« La configuration des lieux nous permet de travailler plus efficacement ensemble pour la réalisation de notre objectif d’offrir aux femmes qui passent par la Clinique les meilleurs soins possibles »
Cette vision de soins intégrés interdisciplinaires aux personnes atteintes de cancer se retrouve à la Clinique du sein des Cèdres et est soutenue par la mission des soins contre le cancer du CUSM. Elle était également celle du Dr Edward J. Tabah, qui a fondé l’Institut des Cèdres contre le cancer du CUSM en 1966 dans le but d’aider au financement de la lutte contre le cancer. À l’origine, les Cèdres s’est concentré sur la recherche contre le cancer et l’achat du nec plus ultra – installations et équipement de test et de traitement. Depuis, il s’est orienté vers les soins au patient et l’éducation sur le cancer. Aujourd’hui, avec l’aide du Fonds Sarah Cook pour l’oncologie pédiatrique et d’autres associations affiliées aux Cèdres – comme le Cercle de la vie, l’Association des femmes Mamma Mia, le Polo pour les Cèdres, les Amis de la cure et le concours hippique Jump for Hope, qui est présidé par Marcelle Lavoie, épouse du Dr Meterissian,– les Cèdres travaille consciencieusement au financement de nouvelles initiatives en soins intégrés contre le cancer pour chacun, des jeunes enfants aux adolescents jusqu’aux adultes et aux aînés.

Confiant dans le travail de classe internationale qui est accompli ici aujourd’hui à la Clinique du sein des Cèdres du CUSM, le Dr Sarkis Meterissian accorde beaucoup d’importance à la recherche qui aidera les médecins à développer les traitements et cures de demain. « Par la recherche rigoureuse et les essais cliniques, nous avons considérablement amélioré le taux de survie pour les femmes diagnostiquées avec le cancer du sein. Depuis les années 1970, le taux de survie au cancer du sein a augmenté en raison du diagnostic amélioré et de la thérapie plus efface combinés. C’est un domaine de recherche passionnant et enrichissant parce que c’est une maladie que nous pouvons vaincre. »

Le Dr Meterissian est particulièrement encouragé par les essais cliniques qui sont menés avec le projet National Surgical Adjuvant Breast and Bowel (soutenu par l’Institut national du cancer des É.-U. et présidé par le Dr Henry Shibata, un pionnier en oncologie chirurgicale et président du Comité médical consultatif des Cèdres). Ce groupe coopératif a contribué à changer la façon dont le cancer du sein est traité et collabore, depuis les années 1970, avec la recherche relative au cancer du sein du CUSM. Il s’enthousiasme également pour le projet de recherche révolutionnaire qui est en cours depuis 1999. En collaboration avec la Dre Morag Park, oncologue moléculaire au CUSM, le Dr Meterissian et ses collègues travaillent sur la génomique du cancer du sein. « Nous voulons cibler les patientes qui ont un risque accru de récurrence, explique-t-il. Ce projet aide à identifier une signature moléculaire de la tumeur. Maintenant, même avec des traitements avancés, il n’y a aucun moyen de prédire qui des femmes diagnostiquées avec un cancer du sein survivra. Toutefois, à l’avenir, nous serons en mesure d’évaluer l’expression génétique qui détermine le risque de récurrence du cancer chez la patiente et de prédire avec plus de précision la réponse au traitement. » Cette recherche est facilitée par une des plus grandes banques de tumeurs au Canada, comprenant plus de 500 échantillons congelés de tissus prélevés sur les patientes atteintes de cancer du sein, et mise sur pied en 1999 parallèlement au groupe de génomique fonctionnelle du cancer du sein de l’Université McGill.

Le Dr Meterissian est aussi doyen associé de la formation médicale postdoctorale et des affaires professionnelles et un membre reconnu du corps professoral du Centre de l’éducation médicale de l’Université McGill. « Je suis fasciné par la prise de décision clinique pendant une chirurgie, dit-il. Comment les médecins prennent-ils les décisions médicales en salle d’opération? De quelles aptitudes à communiquer ont-ils besoin? » La parfaite connaissance que le Dr Meterissian a de ce sujet est bien mise à contribution pour la formation de la prochaine génération des professionnels de la santé. Plusieurs étudiants en chirurgie et radiologie, ainsi que des étudiantes-infirmières et technologues en radiologie, reçoivent en effet leur formation à la Clinique du sein des Cèdres.

Fier de tous les membres de l’équipe de la Clinique du sein des Cèdres, le Dr Meterissian est également reconnaissant envers les infatigables bénévoles de CanSupport/Faire face, qui jouent un « immense rôle dans la Clinique. Ils tiennent la main des patientes et transforment leur expérience. » La vie de centaines de gens sera certainement touchée par le travail inspirant réalisé à la Clinique du sein des Cèdres, qui maintiendra pour des années à venir sa tradition de soins centralisés contre le cancer au campus Glen du CUSM.