Entretien à cœur ouvert avec la Dre Stella Daskalopoulou

Numéro: 
3
Volume: 
9
14/02/2009

Pour Dre Stella Daskalopoulou, la fête de Saint-Valentin est perpétuelle puisque chaque jour est une affaire de cœur. Interniste et chercheure au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Dre Daskalopoulou est depuis longtemps passionnée par le défi intellectuel de la médecine et le milieu de travail afférent où les activités se déroulent à un rythme rapide. Pour Perspectives santé, elle a consenti à parler de sa dévotion pour cet organe vital qui nous maintient en action à longueur d’année. 

Dre Stella DaskalopoulouDre Daskalopoulou a commencé à s’intéresser au cœur pendant ses études de médecine dans sa Grèce natale, où elle a obtenu son diplôme de médecine et son Ph. D à l’Université d’Athènes. Poursuivant sa formation à l’Imperial College de Londres, elle complète une deuxième maîtrise ainsi qu’un second doctorat et accepte ensuite un stage postdoctoral à l’Université McGill. Elle conserve d’excellents souvenirs de ses premiers jours dans cet établissement : « Pendant mes études postdoctorales, je suis tombée amoureuse de Montréal et de McGill. J’étais très chanceuse parce qu’un poste fait sur mesure pour moi s’est ouvert dans la division de médecine interne… tout le monde connaît la suite! » Sa formation poussée lui a donné une mentalité particulière qui lui permet de traiter ses patients en tenant compte de la situation dans son ensemble et d’adopter ce qu’elle appelle une « approche allant de la théorie au chevet du malade jusqu’à la recherche générale ». Elle précise sa pensée : « J’ai toujours été passionnée pour la science; en fait, c’est ce qui m’a d’abord attirée vers la médecine. Je trouve cela extraordinaire de pouvoir faire une différence dans la vie des gens tout en travaillant dans un milieu qui me force à rester alerte!»

Cette curiosité innée pour le monde qui l’entoure est à l’origine de la fascination du Dre Daskalopoulou pour le cœur, qui est sans contredit l’organe le plus indispensable du corps. Elle décrit cette chose faite de sang et de muscles ayant la forme d’un poing comme « parfait et fascinant parce qu’il travaille toujours », un peu comme notre propre appareil interne à mouvement perpétuel. « Je me suis intéressée de près au système vasculaire et à son interaction avec la fonction cardiaque. Depuis plusieurs décennies, le domaine a fait d’immenses progrès. Toutefois, nous pouvons encore améliorer notre compréhension et notre traitement des maladies cardiovasculaires. »

Cette pulsion pour assurer le progrès de la connaissance et les options de traitement dans son champ a soutenu la motivation du Dre Daskalopoulou dans sa recherche novatrice. Son objectif est d’identifier les indicateurs précoces de la déficience vasculaire et de maintenir la santé vasculaire. En fin de compte, son intention est d’intégrer la technologie biomédicale dans un programme de recherche novatrice visant à éclaircir les mystères de l’affection vasculaire. À cet effet, elle mène plusieurs projets de front : un premier est concentré sur l’effet du tabac et de l’exercice sur la rigidité artérielle chez les jeunes fumeurs en santé; un autre sur l’effet des hormones ovariennes, le cycle menstruel et les contraceptifs oraux sur le cœur, ainsi que des études impliquant l’analyse d’images numériques dans le but de caractériser la forme des plaques présentant l’athérosclérose.

Avec de tels projets de recherche innovateurs en cours, Dre Daskalopoulou est toujours occupée : en plus de travailler directement sur le terrain et d’enseigner à de petits groupes d’étudiants de médecine, elle consacre aussi deux demi-journées par semaine à la pratique en clinique. Voir ses patients est ce qu’elle préfère, dit-elle avec un sourire rayonnant. « J’ai l’impression que mon travail n’est pas vraiment un travail, poursuit-elle, mais plutôt une partie de moi-même, un morceau de ma vie. Pour moi, c’est incroyable d’avoir la chance de faire à la fois du travail clinique et des essais pratiques avec mes patients tout en m’adonnant à la recherche et à l’enseignement. Je ne m’ennuie jamais. »

En jetant un regard sur l’avenir des soins cardiaques au Centre universitaire de santé McGill, la Dre Daskalopoulou note que les perspectives sont encourageantes et elle demeure sûre que l’hôpital continuera longtemps à prodiguer les meilleurs soins aux patients. « Cela signifie non seulement rester professionnellement à l’avant-garde et connaître les techniques et traitements actuels, explique-t-elle, mais aussi contribuer à leur avancement par mes recherches. Mon objectif à long terme est d’asseoir la réputation de notre laboratoire pour la recherche novatrice dans le domaine de l’athérosclérose et des affections vasculaires. Il va sans dire que cela exigera une somme énorme de travail, mais j’aime relever les défis! »

Dre Daskalopoulou s’anime en parlant du lieu où elle effectuera sa recherche, soit un Centre universitaire de santé McGill réaménagé pour le XXIe siècle. « Le projet de redéploiement m’enthousiasme beaucoup, dit-elle. Localiser nos ressources hospitalières aura une incidence positive sur tout notre travail. De plus, avoir plusieurs laboratoires à proximité facilitera les collaborations et aidera les chercheurs du CUSM comme moi à réaliser le meilleur travail possible. » Son visage s’illumine quand elle pense où sa recherche pourrait l’amener un jour : « C’est très exaltant de faire partie du CUSM! »