Interrompre un traitement aux statines après un infarctus peut s'avérer fatal
Les patients qui décident de ne plus prendre de statines après avoir subi un infarctus du myocarde augmentent leur risque de décès au cours de l’année, affirment des chercheurs de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Leur étude paraissait dans un récent numéro de l’European Heart Journal.
En se servant de données sur des patients de Grande-Bretagne ayant survécu plus de trois mois à un infarctus du myocarde, la Dre Stella Daskalopoulou et ses collègues en sont arrivés à la conclusion que ceux qui interrompent un traitement aux statines ont un risque de 88 % plus élevé de mourir dans l’année que ceux qui ne s’en sont jamais fait prescrire.
« Les statines constituent certainement une excellente médication », a déclaré la Dre Daskalopoulou, qui travaille à la Faculté de médecine de McGill, au département de médecine et à la division d’épidémiologie clinique du CUSM. « Les patients qui utilisaient des statines avant de faire une crise cardiaque et ont continué de les prendre par la suite avaient 16 % moins de risque de mourir dans l’année que ceux qui n’en avaient jamais pris. Par conséquent, même si les statines vous paraissent avoir été inefficaces pour prévenir votre infarctus, il faut continuer de les prendre et il est même extrêmement dangereux d’abandonner. »
L’étude des cohortes portant sur un vaste échantillon de la population a fait appel aux données britanniques afin de profiter des archives médicales de la GPRD (General Practice Research Database), qui réunissent des informations sur la santé de plus de trois millions de patients au Royaume-Uni.
« Dans la population en général, le taux d’abandon des statines au cours de la première année atteint 30 pour 100. C’est très élevé », rapporte la Dre Daskalopoulou. Parce que les statines sont des médicaments préventifs, les patients n’en ressentent aucun bénéfice immédiat et sont tentés d’abandonner. Cette pratique s’avère particulièrement dangereuse si elle survient à la suite d’un infarctus.
Les effets nocifs d’une interruption des statines peuvent être attribués à divers mécanismes, y compris les traits individuels du patient, expliquent les chercheurs. « Quels qu’en soient le mécanisme ou l’explication, le médecin doit évaluer prudemment les besoins de son patient en termes de médicaments », prévient la Dre Daskalopoulou. « Pour sa part, le patient qui a fait un infarctus doit continuer à prendre ses médicaments tels que prescrits. Dans le cas des statines en particulier, l’abandon du traitement requiert alors une étroite surveillance médicale.
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