Patrizia Durante

Patiente atteinte de leucémie, receveur de cellules du cordon ombilical

Patrizia DuranteAlors que Patrizia Durante en était à la 26e semaine de sa première grossesse, des tests ont démontré qu’elle souffrait de leucémie myéloïde aiguë, une forme agressive de cancer du sang. Elle a immédiatement entrepris des traitements de chimiothérapie mais, celle-ci ne répondant pas adéquatement à ses traitements, les médecins ont décidé de provoquer son accouchement de telle sorte qu’ils puissent lui administrer de plus fortes doses de chimiothérapie sans hypothéquer l’enfant qu’elle portait.

Comme l’explique Pierre Laneuville, directeur de l’hématologie au CUSM : « Lorsque Victoria, la fille de Patrizia, est née, nous avons conservé son cordon ombilical dans du nitrogène liquide. En même temps, nous avions placé le nom de Patrizia sur la liste d’attente d’une greffe de moelle osseuse alors que ses traitements de chimiothérapie se poursuivaient. » De poursuivre Pierre Laneuville : « Après une brève période de rémission, le cancer s’est à nouveau manifesté et manifestement, Patrizia allait vraisemblablement être emportée avant que le délai d’attente pour une greffe de moelle osseuse ne s’écoule. C’est à ce moment que nous avons pris la décision de procéder à une greffe de cellules du cordon ombilical. » Réalisée en 2002, cette greffe nourrisson-mère de cellules du cordon ombilical fut la première de ce type à être réalisée avec succès au Canada.

Bien que l’on parvienne, depuis plusieurs années, à traiter les nouveaux-nés avec le sang de leur propre cordon, l’intervention pratiquée sur Mme Durante était risquée du fait que les cellules du cordon ombilical de sa fille, dans lesquelles se retrouvaient tant les gènes de son père que ceux de sa mère, n’étaient appariées qu’à 50 %. De dire Pierre Laneuville : « Nous savions qu’il y avait un risque de rejet mais dans certains cas, les mésappariements peuvent présenter un caractère thérapeutique. Heureusement, tel fut le cas. » Tant l’enfant que sa mère se portent désormais bien et Pierre Laneuville ainsi que ses collègues du CUSM ont été sous les feux de la rampe, à l’échelle internationale, pour leur travail novateur.